mercredi, janvier 17, 2018

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Production

Un des axes majeurs de la SEM consiste à organiser l’exploitation artisanale de l’or, un secteur à forts impacts économiques et sociaux, en mettant en œuvre les grands principes du Gabon Emergent. 

Un enjeu majeur

L’or est exploité au Gabon depuis le début du XXe siècle. Depuis 1937, il est estimé qu’au moins 40 tonnes d’or ont été extraites des divers sites d’orpaillage présents sur l’ensemble du territoire national. La grande partie de cette production provient du traitement de l’or alluvial. 

Le Ministère des Mines, présent sur les zones d’orpaillage pour effectuer l’achat de l’or extrait, recensait en 1990 plus de 1 500 orpailleurs et l’existence d’un système de contrebande vers le nord (Congo, Cameroun, etc.). Suite à l’épidémie d’Ebola en 1994 et à des attaques contre ses agents, le Ministère des Mines a été contraint d’abandonner cette politique. 

Ces dernières années, l’exploitation artisanale de l’or au Gabon se caractérisait par plusieurs défis majeurs :

  • Une exploitation et une commercialisation informelles, privant l’Etat et les populations gabonaises de tout bénéfice.
  • La carence de statistiques fiables du fait du non enregistrement des artisans et de l’absence d’analyses sur la production.
  • Des moyens et des méthodes d’exploitation rudimentaires limitant les niveaux de production.
  • D’importants problèmes sociaux et de santé dans les campements de mineurs (insécurité, prostitution, toxicomanie).
  • Des conflits entre les orpailleurs et les populations locales.
  • Des impacts négatifs sur l’environnement du fait d’actes de braconnage.

 

Comptoir Gabonais de Collecte de l’Or

Dans la droite ligne de la stratégie du Gabon Emergent de valoriser au mieux l’exploitation de ses ressources naturelles au service de son développement économique, l’Etat a décidé de restructurer l’activité d’exploitation minière artisanale et d’en être l’acheteur exclusif au Gabon. 

La création par la SEM du Comptoir Gabonais de Collecte de l’Or (CGCO), filiale qu’elle détient à 100%, est le résultat de cette volonté. Le CGCO a pour but:

  • L’organisation de la collecte de l’or à travers le pays.
  • La gestion et le suivi de la filière or au Gabon, notamment via l’amélioration des conditions de travail des mineurs .

L’organisation de l’achat et de la collecte de l’or implique à terme de donner un statut à l’artisanat minier, de viser une autonomisation des artisans miniers, de renforcer leurs capacités et en faire de véritables acteurs de l’économie en créant une chaîne qui va de l’orpailleur à l’acheteur final, en passant par les intermédiaires. 

Le CGCO a débuté ses activités en 2013,  année durant laquelle il a collecté un volume total de 42,9 kg d’or en poudre et en pépites. La production a été revendue à la Caisse des Dépôts et Consignations du Gabon pour un chiffre d’affaires de 1,6 million Usd. Sur 2014, l’objectif est de doubler ce volume de collecte pour atteindre 100 kg. 

La restructuration de la filière artisanale de l’or

Le CGCO met progressivement en œuvre une politique de régulation et d’assistance technique sur les principales zones d’orpaillage avec l’objectif d’améliorer l’efficacité économique des mines artisanales pour le Gabon et les mineurs, d’améliorer les conditions de travail et de vie des mineurs, d’atténuer les impacts sur l’environnement. La SEM a initié plusieurs innovations pour faciliter cette restructuration. 

Régulation de l’achat de l’or artisanal

En plus de missions ponctuelles, le CGCO a lancé en 2013 une politique d’ouverture de comptoirs lui permettant à la fois de procéder à des achats d’or, de réguler le secteur par une présence constante et d’apporter une assistance technique aux mineurs. Deux premiers comptoirs ont été ouverts : l’un à Makokou dans l’ouest du Gabon, l’autre à Ndjolé dans le centre du pays. 

A terme, le maillage des zones d’orpaillage se fera via une structure comprenant :

  • Le centre de collecte, entité régionale qui supervise toutes les activités de collecte de l’or dans une région donnée.
  • Le comptoir d’achat d’or qui est une boutique d’achat d’or. Un centre de collecte peut en gérer plusieurs.
  • L’économat qui est un commerce dédié à l’assistance aux orpailleurs.
  • Des vendeurs indépendants qui sont des individus qui possèdent de l’or, souvent en échange d’une assistance aux orpailleurs, et qui désirent établir une relation avec les représentants de la SEM pour vendre leur or.

 

Le CGCO innove dans les NTIC

Le CGCO a créé la « Gold App », une application utilisant Android et qui permet d'assurer la traçabilité de la chaîne logistique de l'or, des sites d'extraction jusqu'au siège de la SEM. Elle permet également la création d'une base de données sur l'industrie minière de l'or.

Les agents CGCO sont équipés de smartphones sur lesquels ils enregistrent toutes les informations (quantité d'or, le prix et le lieu d'achat, etc.) au moment de la collecte.  

Régulation de la commercialisation de l’or artisanal

Deux autres innovations ont été mises en œuvre par le CGCO pour renforcer la transparence :

  • Procédure d’analyse systématique des échantillons. Cette procédure permet de constituer une carte nationale des teneurs en or.
  • Ouverture d’une fonderie pour la fabrication de lingots d’or brut marqués afin d’assurer une plus grande traçabilité.
Assistance technique aux orpailleurs

Déterminé à professionnaliser les activités minières artisanales et contribuer ainsi au développement social des mineurs, le CGCO a mis en place une assistance pour les orpailleurs :

  • La création d’économats pour leur apporter les vivres qui manquent cruellement sur certains sites et qui obligent  les orpailleurs à se lier à des commerçants, souvent à leur désavantage.
  • Une assistance technique pour améliorer le matériel et les méthodes d’exploitation.
  • L’établissement à terme de coopératives de mineurs d’or.
Protection de l’environnement

Deux partenariats ont été conclus pour limiter l’impact des activités artisanales sur l’environnement :

  • Un partenariat avec l’Agence Nationale des Parcs Nationaux pour lutter contre le braconnage et le commerce de la viande de brousse.
  • Un partenariat avec WWF pour échanger sur les meilleures pratiques et développer un système de certification de l’or artisanal gabonais.